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INTRODUCTION
P. Barthelemy
Les liens entre alchimie et médecine. L'exemple de Guillaume Sedacer
A. Calvet
A la recherche de la médecine universelle. Questions sur l'elixir et la thériaque au 14e siècle
P. Carusi
Il filosofo e il marinaio
B. Cavarra
Alchimia e medicina nei testi bizantini
Chiara Crisciani
Il farmaco d'oro
D. Jacquart
Calculs et pierres
D. Kahn
Recherche sur le Livre attribué au prétendu Bernard le Trévisan (fin du XVe siècle)
M. R. McVaugh
Alchemy in the Chirurgia of Teodorico Borgognoni
A. Paravicini Bagliani
Rugero Bacone e l'alchimia di lunga vita
M. Pereira
L'alchimista come medico perfetto nel Testamentum Pseudolulliano
A. Scotti
Ipotesi per la creazione di un repertorio digitale relativo alle ricette mediche e alchemiche
G. Zanier
Procedimenti farmacologici e pratiche chemioterapeutiche nel De consideratione quintae essentiae
F. Abbri
Conclusioni
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Paola Carusi, Il filosofo e il marinaio. Alchimia islamica e medicina alle prese con la natura
Indissolublement lié à la matière et, en même temps, aspirant à l'universel, l'alchimiste se partage entre médecine et philosophie en entretenant avec elles un rapport à la fois durable et ambigu. Se tenant entre ces deux voies qui, pour des raisons différentes, ne lui appartiennent pas complètement, l'alchimie trouve peut-être dans son lien avec l'art sa meilleure définition: ‘alchimie’ comme représentation, donnée par son auteur, de l'œuvre d'art en devenir.
Beatrice Chiavarra, Alchimia e medicina nei testi bizantini
L’analyse de quelques-unes de sources alchimiques de l’antiquité tardive et du Moyen Age grec (Papyrus de Leyde, Papyrus de Stockolm, Zosime, Olympiodore, Etienne d’Alexandrie, Psellus) révéle la présence – implicite, explicite, littérale et métaphorique – de principes et procédures qu’on retrouve, pour avec un sens et des finalites differentes, dans les textes medicaux grecs, héllenistiques et bizantyns.
Chiara Crisciani, Il farmaco d’oro (XIVe-XVe siècles)
On présent ici cinq textes qui proposent la recherche d‚un médicament universel, à base d’or, préparé grâce à des procédures alchimiques. Chaque auteur choisit un fluide organique particulier (le sang, l’humide radical, le spiritus vital) que le médicament rectifie ou rend plus puissant; en plus, il examine la posologie, la plus convenable du point de vue pharmacologique, de cet or potable. Même si l’or potable ressemble beaucoup, surtout du point de vue terminologique, à la thériaque ou à la quintessence, il ne se identifie ni à l’une ni à l’autre et exprime mieux que ces médicaments la recherche d’un remède unique et universel.
Pascale BarthÉlemy, Les liens entre alchimie et médecine: l’exemple de Guillaume Sedacer
Les quelques éléments biographiques que l’on possède à propos de Guillaume Sedacer tissent des liens tangibles entre alchimie et médecine: il possédait plusieurs manuscrits médicaux dans sa bibliothèque, fut copiste de traités de cette discipline et même compilateur dans un Ars chirurgie, resté inédit. Pourtant, la lecture parallèle de ses textes alchimiques et de sa compilation sur la chirurgie ne permet pas d’affirmer qu’une de ses deux disciplines soit influencée par l’autre. Si les ressemblances au niveau de la structure (recettes, vocabulaire) sont si nettes, c’est bien parce qu’alchimie et médecine relèvent d’une même approche: chercher à soigner le monde.
Antoine Calvet, A la recherche de la médecine universelle: questions sur l’elixir et la thériaque au XIVe siècle
Après avoir défini et déterminé en quoi consistaient la thériaque et l’élixir, notre propos sera de comparer ces deux composés qui entrèrent en concurrence pour soigner et consolider le corps humain. La thériaque fit l’objet de débats au XIIIe et XIVe siècles. En effet, son statut de remède universel, attribué par Galien puis Avicenne, fut alors contesté; d’autre part, on lui reconnut de posséder une forme spécifique dont les effets bénéfiques ne se constataient qu’à l’usage, ce que d’aucuns récusèrent. L’élixir, sous l’impulsion de théoriciens comme Roger Bacon, acquit le statut de médecine générale et solaire. Si les parallèles entre élixir et thériaque révèlent des points communs, il n’en demeure pas moins que les deux composés sont différents et ne se confondent pas. Cependant, dès les débuts de l’alchimie arabe, la thériaque sert de modèle à l’élixir, et surtout, au XIVe siècle, employée pour signifier le mystère de l’Incarnation, cette nouvelle acception influence, nous semble-t-il, des écrivains d’alchimica comme le pseudo-Arnaud de Villeneuve.
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Danielle Jacquart, ‘Calculs’ et pierres
Le traitement des calculs urinaires enregistre depuis l'Antiquité, en une accumulation peu organisée, une série hétéroclite d'ingrédients, notamment d'origine animale, dont seule une «propriété spécifique» justifie l'efficacité. Certains de ces ingrédients se retrouvent dans des recettes pour briser les pierres d'origine minérale, voire, au prix d'un usage codé du vocabulaire, dans un contexte alchimique. Muni en son introduction de la relation d'une extraction post mortem, en 1407, du calcul dont avait souffert l'évêque d'Arras Jean Canard, le traité d'Angelo de Aquila, daté de 1415, semble bien contenir, au sein d'une longue énumération des causes, des signes, des traitements préservatifs et curatifs de la lithiase, des allusions au magistère alchimique.
Didier Kahn, Recherches sur le ‘Livre’ attribué au prétendu Bernard le Trévisan (fin du XVe siècle)
Cette étude vise en premier lieu à dissocier la figure de deux alchimistes distants d'un siècle: Bernard de Trèves (fl. 1385) et le prétendu Bernard le Trévisan, auteur d'un Livre d'origine française datable de la fin du XVe siècle. De ce Livre, on reconstitue les traditions imprimées et manuscrites en cinq langues distinctes; on montre ses liens réels avec la Responsio de Bernard de Trèves à la lumière de sa doctrine du ‘mercure seul’; on étudie le degré d'authenticité de l'autobiographie qui forme sa deuxième partie; puis on le réinsère dans le contexte alchimique et littéraire français du XVe siècle. On se tourne ensuite vers les problèmes de sources et d'établissement du texte, illustrés par une édition critique provisoire de sa première partie. Diverses annexes présentent notamment la liste des manuscrits du Livre, des mises au point sur la Soma de Bernat Peyre (1366), sur le corpus attribué à Bernard le Trévisan, et sur la tradition manuscrite de la Tabula chemica de Senior Zadith.
Michael McVaugh, Alchemy in the Chirurgia of Teodorico Borgognoni
De plus en plus pendant le XIIIe siècle, les chirurgiens latins ont utilisé des procédés alchimiques (tirés des sources arabes) pour préparer leurs remèdes, comme par exemple l’arsénique sublimé. Les versions successives de la Chirurgie de Teodorico Borgognoni, vers 1260-1270, montrent une familiarité croissante avec les techniques de la sublimation et de la distillation, ce qui renforce la tradition de son rôle dans la découverte de l’alcool. En revanche, les chirurgiens de la fin du siècle montrent peu d’intérêt aux techniques de production, quoiqu’ils n’abandonnent pas du tout l’utilisation des remèdes chimiques.
Agostino Paravicini Bagliani, Ruggero Bacone e l’alchimia di lunga vita. Riflessioni sui testi
Depuis que le De retardatione accidentium senectutis ne peut plus être considéré comme étant l’œuvre de Roger Bacon, le système de pensée dans ce domaine peut être apparaître de manière plus autonome et précise. Le fait que Roger Bacon a écrit pendant plus de quarante ans sur le thème de la ‘prolongation de la vie’, dans au moins sept traités (l’Opus maius, l’Opus tertium, l’Opus minus, le commentaire au Secretum Secretorum, la Epistola de secretis operibus artis et nature et le Liber sex scientiarum in 3° gradu sapiencie) pose le problème de savoir si ce système de pensée a connu des évolutions, notamment en ce qui concerne le rôle de l’alchimie. Soumis à une analyse détaillée, ces textes présentent en effet des divergences considérables, de sorte que l’on ne peut pas parler d’une conception unitaire pour ce qui touche à l’alchimie et à l’or comme elixir.
Michela Pereira, L’alchimista come medico perfetto nel Testamentum pseudolulliano
L’analyse de quelques notions théoriques et pratiques de l’alchimie empruntées à la médecine dans le Testamentum pseudolullien permet d’approfondir les relations entre les doctrines de l’alchimie et celle de la médecine au début du XIVe siècle. Le sens attribué à des mots tels que medicina, menstruum, humidum radicale va en effet au-delà de la simple analogie entre procédés physiologiques et parties de l’opus, de façon que, en se greffant sur le thème hermétique de la continuité entre corps vivants et non vivants, il est à la base de la conception de l’élixir alchimique comme mater medicinarum, sur lequel est fondée la polémique explicite du Magister Testamenti vis-à-vis de la médecine traditionnelle.
Giancarlo Zanier, Procedimenti farmacologici e pratiche chemioterapeutiche nel De consideratione quintae essentiae
L'objet de cet article est d'analyser un ouvrage classique de l'alchimie distillatoire du XIVe siècle. Nous examinons ici les problèmes liés aux fondements et caractérisations de la chémiatrie de Jean de Rupescissa; aux techniques alchimiques et leur résultats; et aux exemples de pratiques thérapeutiques, avec une attention particulière aux neuropathies. Du point de vue de l'histoire des sciences, on doit conclure que des représentations analogiques, telles qu'on les retrouve dans la tradition alchimique, se juxtaposent aux techniques médicales traditionnelles sans aucune connexion organique. La contribution de cette chémiatrie est appréciable, en fin de compte, selon des critères purement quantitatifs, c'est-à-dire selon le nombre de nouvelles pratiques infusoires.
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